Ostéopathie : les vaccins pas si inutiles?
- 5 mai 2016
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L'augmentation de l'espérance de vie constatée au fil du 20ème siècle est en grande partie liée à la baisse importante de la mortalité infantile. La prévention des maladies infectieuses en est l'une des composantes, avec notamment l'application de programmes de vaccinations. Une évaluation précise de l'efficacité de la vaccination sur la chute de la mortalité infantile n'est toutefois pas simple. L'un des obstacles est qu'il est nécessaire de disposer de données historiques, à la fois sur la couverture vaccinale et sur la mortalité par maladies infectieuses. Une autre difficulté est qu'il faut tenir compte du fait que la mortalité infantile avait commencé à baisser avant l'introduction des vaccinations de masse, grâce à l'amélioration du statut nutritionnel et des conditions de vie, de l'hygiène, de l'accès aux soins, etc. Il est donc difficile d'attribuer la réduction de la mortalité infantile à la seule mise en place des vaccinations de masse.
Déclin de la mortalité par diphtèrie, coqueluche, polio…
Une équipe hollandaise a dépassé ces obstacles, et réalisé une analyse historique des causes spécifiques de mortalité infantile et des jeunes adultes (jusqu'à 20 ans) entre 1903 et 2012 aux Pays-Bas (individus nés entre 1903 et 1992), couplée aux évolutions de la couverture vaccinale.
Les résultats sont édifiants. Avant la mise en place de la vaccination contre la diphtérie (1953), la mortalité attribuée à cette maladie était constante, autour de 1,4 %. Après la mise en place de la vaccination systématique, elle décline très rapidement pour parvenir aux alentours de 0 %. La même évolution est constatée pour la mortalité par coqueluche et tétanos (1954), qui passent très vite de 3,8 % et 0,1 % à près de 0 %. La mortalité par polio (1957), rubéole et oreillons (1987) suit les mêmes courbes de déclin.
Un peu différent est le cas de la rougeole, puisque le nombre de décès par rougeole était déjà très bas aux Pays-Bas avant l'introduction de la vaccination en 1976, rendant difficile l'estimation d'un effet significatif de cette dernière. Selon les auteurs, l'effet est sans doute minime, ce qu'ils expliquent par le fait que la mortalité en lien avec la rougeole est le plus souvent due à des infections secondaires et que l'amélioration générale de la santé publique et l'antibiothérapie y contribuent plus largement que pour les autres maladies infantiles.
9 000 morts évitées
La qualité méthodologique de cette étude fournit des arguments solides pour contrer la thèse selon laquelle la disparition des maladies infantiles ne devrait rien aux vaccinations et serait due seulement à l'amélioration des conditions de vie. Selon les auteurs, environ 9 000 décès d'enfants et jeunes adultes de moins de 20 ans, nés avant 1992, ont été évités aux Pays-Bas par la vaccination de masse.
Auteur
Dr Roseline Péluchon

http://www.univadis.fr/medical-news/41/Inutiles-les-vaccinations
Références
Van Wijhe and coll. : Effect of vaccination programmes on mortality burden among children and young adults in the Netherlands during the 20th century: a historical analysis. Lancet Infect Dis., 2016 ; publication avancée en ligne le 9 février. doi: 10.1016/S1473-3099(16)00027-X.


















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